Cavalcade des Blogs – Remise en question équestre : Le cheval est un perroquet comme un autre

Cet article est écrit suite à la Cavalcade des Blogs édition 19 organisée par équilibr’équestre dont le thème est la remise en question équestre.

Comme l’indique mal le titre il est sujet de la remise en question que j’ai eu à propos des méthodes d’apprentissages appliquées aux chevaux et à l’utilisation de méthodes très utilisées avec les perroquets.
J’ai vécu quasiment toute ma vie avec des perroquets et des perruches et je suis cavalier depuis une quinzaine d’années. Cependant, par manque de temps et d’argent, je monte uniquement en reprise avec des chevaux de club. Ce n’est pas le milieu idéal pour la remise en question et l’expérimentation.

Concepts généraux

Il y a certains concepts généraux à garder à l’esprit avant de commencer :

  • Il faut respecter l’animal et conserver son envie d’apprendre. Si votre cheval veut rentrer au box c’est que vous êtes déjà allé trop loin. Soit il a mal, soit il est fatigué, soit il s’ennuie. L’apprentissage intensif avec un perroquet ne dure jamais plus de 10 minutes. Avec un cheval, il y a également certaines limites physiques et mentales.
  • Il faut marquer le moment ou le cheval a fait ce que vous avez demandé et le récompenser. Avec les perroquets on utilise souvent un clicker, je préfère faire un appel de langue. Avec un cheval je fais systématiquement un appel de langue (le clicker utilise une main). L’appel de langue sert à marquer l’instant précis ou l’animal a fait l’action demandée ensuite il faut le récompenser. La nature de la récompense dépend du caractère de votre animal.
    Cette technique est la base du renforcement positif.
  • Il faut éviter la punition. Il ne faut jamais punir un perroquet. Pour le cheval je suis plus mitigé. Je n’en applique pas et cela marche plutôt bien, mais le cheval est un animal avec un système hiérarchique et en cas d’agressivité envers vous une punition pourrait être utile.
  • Chaque instant avec un cheval est un cours. Cependant, ce n’est pas un cours intensif, il ne faut pas être sans cesse dans la demande. Il faut principalement faire attention à ne pas renforcer des comportements non voulu.
  • Pour éviter de faire des erreurs il faut connaître le langage corporel du cheval.

Des exemples expérimentés

Travail à pied

Le premier exemple est souvent le premier “tour” que l’on apprend aux perroquets. Il s’agit d’apprendre à l’oiseau à toucher un bâtonnet en bois. Cela sert à pouvoir faire venir l’oiseau ou l’on veut et à lui apprendre le fonctionnement du clicker (ou de l’appel de langue) pour facilité les futurs apprentissages.
Pour le cheval je cherche à lui faire toucher ma main droite lorsque celle-ci est plate et à la verticale. C’est une action qu’il fait naturellement de temps en temps. Lorsqu’il touche la main je fais un appel de langue puis lui donne un morceau de carotte. L’apprentissage de toutes les actions souhaitées ce fait sur le même modèle.

Le second exemple consiste à inhibé une action non souhaité. Par exemple si je ne souhaite pas que mon cheval broute lorsque je le marche. Lorsqu’il débute son action pour brouter je lui demande de faire autre chose, par exemple de toucher la main et au moment ou il change d’action je vais faire un appel de langue puis je lui donne un morceau de carotte.

Travail à cheval

Je monte un cheval qui a de l’expérience et qui connaît déjà tous les exercices que je demande. Si vous apprenez de nouvelles actions à votre cheval il vaut mieux s’inspirer du premier exemple du travail à pied. De plus, en reprise, ça le fait pas trop de donner un morceau de carotte donc je donne une grattouille. Certain chevaux peuvent ne pas aimer le contact physique et dans l’idéal la nature de la récompense dépend de ce qu’aime votre cheval.

Lorsque je monte je peux demander au cheval de faire plusieurs actions ou de continuer une action sur la durée. Par exemple, lors des déplacements latéraux, je ne veux pas qu’il fasse qu’un pas alors j’utilise une méthode de récompense aléatoire pour éviter qu’il s’ennuie et ne pas couper une action en cours. Dans la pratique je lui demande de faire un déplacement latéral et après un nombre aléatoire de pas je vais lui donner une grattouille d’une durée aléatoire où pas de grattouille, mais, à chaque pas, je vais faire un appel de langue.

Ce que j’aimerais faire

Tout cela marche très bien, mais en club on ne fait pas ce que l’on veut. J’aimerais bien pouvoir donner des morceaux de carotte au cheval alors que je travaille à cheval.
J’aimerais bien également éviter les séances d’une heure sur son dos. Je pense que faire deux séances par jour de 25/30 minutes organisées en 10 minutes de travail à cheval, 5/10 minutes de travail à pied puis 10 minutes de travail à cheval de nouveau afin de respecter les contraintes physiques et mentales du cheval. Quelqu’un essaie une méthode très proche.

De la documentation

Pour le renforcement positif à l’aide d’un clicker il y a un peu de documentation pour le cheval tel que le blog clicker son cheval.
Si vous souhaitez vous inspirer des méthodes d’apprentissages utilisées avec les perroquets dans leur ensemble il n’y a rien de fait spécifiquement pour le cheval. Vous pouvez vous orienter vers une très bonne chaîne YouTube pour les oiseaux : BirdTricks (en anglais).

Questions et commentaires sur vos expériences sont les bienvenues 😉

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1 réponse

  1. 13 août 2015

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